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Réviser son style de supervision

Réviser son style de supervision

Nous sommes d’avis que chaque agent de la paix est responsable d’adopter une conduite conforme au Code de déontologie des policiers du Québec. Toutefois, l’accumulation de stress généré par ces composantes de la réalité policière peut avoir un effet sur la propension des agents de la paix d’adopter un comportement à risque ou de commettre des manquements au Code de déontologie des policiers du Québec. Nous croyons qu’il serait bénéfique d’analyser ces composantes de la réalité policière génératrices de stress chez le policier et de proposer la mise en place de mesures d’atténuation de risque appropriées pour renforcer le professionnalisme de nos agents de la paix. 

Dans le livre Gestion de stress et travail policier, son auteure, Jacinthe Thiboutot, réalise un portrait détaillé de ces principales composantes génératrices de stress associées au travail de policier. 


 

Une des composantes de la réalité policière qui peuvent générer du stress ou favoriser l'adoption d'un comportement à risque chez l’agent de la paix est le style de supervision

Il s'agit d'un défi pour les superviseurs d'exercer une gestion adéquate de la performance et de la conduite de leurs effectifs policiers puisqu'il ne peuvent pas surveiller en tout temps ce qu'ils font sur le terrain.

Pour cette raison, les superviseurs d'agents de la paix sont particulièrement à risque d'adopter un de deux types de supervisions problématiques: la supervision autoritaire et la supervision "laisser-faire". 

 

La supervision de type autoritaire

Puisque l'accomplissement des tâches de leurs employés ne leur est pas facilement visible, certains superviseurs ont tendance à ne s'intéresser qu'au résultat. Il ne se soucient alors pas des moyens pris pour parvenir à celui-ci. Pour évaluer la performance de leurs patrouilleurs, ils s’appuient plutôt sur des indicateurs tels que :

  • des critères quantitatifs (ex.: nombre de constats émis, nombre d'interventions réalisées);
  • la qualité de la paperasse administrative rédigée;
  • les récits policiers du déroulement d’interventions;
  • la rétroaction de citoyens et de partenaires qui vient à leurs oreilles.

Les superviseurs de type autoritaire tendent à surveiller de près les indicateurs de performance quantitatifs et axés sur le résultat (ex.: nombre de constats d’infraction émis, taux de résolution, nombre d’interventions, durée des interventions) puisqu'ils sont plus facilement accessibles, de même que ceux qui sont plus priorisés et valorisés par leurs supérieurs et la haute direction de l'organisation.

Aux yeux de ces superviseurs, les apparences de performance deviennent parfois plus importantes que la réalité. 

Il en résulte que les policiers encadrés par un superviseur autoritaire sont moins susceptibles de se soucier de l'aspect éthique des moyens qu'ils prennent pour arriver à leurs fins. Ainsi, la qualité du traitement des citoyens et l'éthique professionnelle peuvent donc être négligées si celles-ci se trouvent sur le chemin de la résolution d'une intervention ou d'une enquête. Ceci peut alors devenir problématique d'un point de vue déontologique.

 

Le superviseur de type "laisser-faire"

D’autres superviseurs n'exercent pas un contrôle adéquat autant sur les résultats que sur les moyens de parvenir aux résultats. Ils ont un style de supervision de type "laisser-faire".

Ces superviseurs ont tendance à manquer de courage de gestion, ce qui ne sert pas les policiers sous leur gouverne. 

Certains superviseurs adoptent ce style de supervision par négligence et incompétence. D'autres adoptent ce style, car ils ressentent trop de sympathie et de loyauté envers les policiers qu’ils doivent superviser. Ils ne sont alors pas capables de prendre une distance et d’avoir un regard objectif sur la performance réelle de leur personnel policier.

Aux yeux de ces superviseurs, l'amitié et l'estime des membres de leur équipe deviennent parfois plus importants que l'accomplissement de la mission et la performance. 

Il en résulte que les superviseurs qui négligent la gestion de la performance de leur équipe ne motivent pas celle-ci à être performante, intégre et professionnelle. Ceci peut alors devenir problématique d'un point de vue déontologique.

 

Pour réviser son style de supervision

Les gestionnaires peuvent :
✔️ élaborer des stratégies pour exercer une meilleure gestion de la performance de leur personnel.
✔️ accorder plus d'importance aux indicateurs de performance axés sur les moyens et le volet qualitatif de la performance des policiers (savoir-être).
 Les superviseurs peuvent : 
✔️ travailler sur leurs aptitudes de communication afin de faire preuve d’une plus grande ouverture et d’une meilleure écoute active, de même que pour énoncer plus clairement leurs attentes et donner des directives faciles à comprendre.
✔️ élaborer des stratégies pour exercer une meilleure veille sur ce qui se passe sur le terrain.
✔️ s'efforcer de reconnaître davantage les bons coups et les améliorations de rendement.
✔️ s'efforcer d'intervenir immédiatement et adéquatement lors de problèmes de rendement ou de comportement chez les membres de leur personnel policier.
✔️ développer un meilleur système de suivi des dossiers.  

 


 

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Commissaire à la déontologie policière

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